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Vingt-trois précieux chromosomes
Etaient coincés dans une cellule,
Et vingt-trois autres chromosomes
Auraient voulu les délivrer.
Y avait une femme et puis un homme,
Des caresses et deux coeurs qui brûlent;
Y avait une femme et puis un homme,
Et l’immense envie de s’aimer.
Le plus rusé des chromosomes,
Avide de croquer la pomme,
Suivit le chemin de l’amour
Et fit sauter les doubles tours.
Quand le désir fut démesure
A faire rougir les couvertures,
L’homme et la femme se sont rendus
Dans un corps à coeur éperdu.
Cavalières et cavaliers,
Dans la cellule amidonnée,
Sous les étoiles tamisées,
Soudain se sont mis à danser.
Dans une étreinte majuscule,
La création en minuscule.
Deux amants en mission secrète:
Offrir un ange à la planète.
Odyssée en X ou Y,
Chaque histoire commence en deux lettres;
Nous vivons, Messieurs, Demoiselles,
Tous aux dépens d’une voyelle!
Dans ma poche,
Y a un trésor,
Un p’tit bout d’ moi qu’vous n’voyez pas.
P’t-être qu’y en a deux
Qui jouent entre eux
Dans ma caverne d’Ali-Baba.
Dans ma poche,
Y a des p’tits yeux
Qui observent la beauté des lieux,
Qui apprécient
La tapisserie
De mon palais en chair forgée.
Dans ma poche,
Y a des p’tits doigts
Qui font des signes à leur papa.
Ca fait des bosses
Dans mon carrosse,
Que papa cherche qui s’cache en moi.
Dans ma poche,
Des p’tits petons
S’entraînent pour la Ligue des Champions.
Ca fait des vagues
Dans l’ terrain vague
Quand les p’tits pieds tapent dans l’ ballon.
Dans ma poche,
Y a un p’tit coeur
Qui sent qu’approche sa plus belle heure.
Il se prépare
Devant l’ miroir
Pour faire son entrée en couleurs.
Dans ma poche,
Y a un trésor,
Un p’tit bout d’ moi qu’ vous n’ voyez pas.
Quand de fraises il a des envies,
Moi je dis oui, eh, je dis oui !
Et si j’abuse du chocolat,
Sachez que ce n’est pas pour moi !
Je me suis réveillée, le jour allait pointer,
Des petites mains frappaient à la porte de mon ventre.
Timides et réservés, ces p’tits coups cadencés,
Etait-ce vraiment toi qui voulais t’ faire entendre ?
On a tendu l’oreille, parés pour le grand saut,
Mais tu profitais bien de ton petit four chaud;
Déjà tellement femme, tu t’ laissais désirer,
De dedans ta cachette, tu t’ gardais bien d’ bouger...
Puis tu t’es décidée, t’as plié tes bagages
Et, sans te retourner, t’as chaussé ton courage;
Tu t’es mise à cogner de tous tes petits poings,
Sonnant les quatre cents coups pour marquer ton destin.
Quand pour franchir le seuil tu tapais des deux pieds,
On a pris les valises pour la maternité;
D’un mouvement de la tête, comme pour acquiescer,
Comme par enchantement, tu te mis à creuser...
T’as passé la cinquième, t’es v’ nue à toute vitesse,
Coiffant l’anesthésiste qui s’ prenait pas de stress.
Pour calmer la douleur, il me faut l’avouer,
A coup d’insanités, j’ai maudit tout l’ quartier.
Ton cher père dans l’ambiance n’osait plus m’approcher,
De peur de se faire mordre ou peut-être embrocher.
Attendant les secousses, moi le pauvre prunier,
Je tremblais comme une feuille sous le raz-de-marée.
J’ai bien failli mourir de honte et d’impuissance
Quand l’infirmière a dit d’une voix compatissante :
"Si vous voulez Madame, lâchez-vous et criez,
Y a plus personne en salle, elles ont toutes accouché"
Même s’il y a eu des larmes et que j’ai cru casser
La table de naissance à trop m’y accrocher,...
J’ai pu baisser les armes pour t’ laisser arriver,
J’ai pu baisser les armes pour t’ laisser arriver.
Mon coeur, t’ as eu raison de signer l’aventure,
Pour notre extrême union d’empêcher la piqûre.
Dans ton élan d’amour, tu voulais v’nir si fort
Que j’ t’ai vécue ... à fleur de corps...
Quand d’un coup j’ai senti arriver ta frimousse,
Benedicta sum in mulieribus,
J’me suis ouverte à toi comme à jamais personne,
Pour enfin te serrer, admirer ta p’tite pomme.
Quand je t’ai vu franchir la ligne d’arrivée,
Tu t’es mis à flairer avec ton p’tit bout d’ nez.
Déjà ta bouche en coeur nous offrait sa chanson
Et mes mains accueillirent ton tout premier frisson.
J’ai compris que l’instinct c’était décidément
Ce qu’on a fait de mieux depuis la nuit des temps.
Quand dedans mon corsage tu te mis à fureter,
Résolu comme un homme, tu as tout d’ suite trouvé
Mes p’tits seins bien garnis prêts pour ton déjeuner;
C’était doux c’était chaud dans mes garde-manger;
Et j’ai su que l’instinct c’était de toute idée
De loin la plus sensée mais on l’a oublié.
Grande Dame Nature joliment fait les choses,
J’me l’étais déjà dit en contemplant les roses.
Depuis que tu es né, j’passe mon temps à veiller,
Comme d’un oeil bienveillant la biche suit son faon.
Ce délicieux secret tu m’as fait découvrir,
La vie et puis l’amour je savais les offrir.
Comme nourri de soleil est le sable des dunes,
Telle une tourterelle je gonflerai mes plumes.
Contre moi mon enfant tu peux te reposer,
De ma douce chaleur je vais te protéger.
Je sens tout doucement ton souffle s’apaiser,
Ta peau contre ma peau tes yeux se sont fermés.
C’est une berceuse
Imaginaire,
Miraculeuse
De savoir-faire,
Douce berceuse,
Elfe joueuse
En somnifère,
Ensorceleuse
De vos paupières.
C’est une berceuse
Extraordinaire,
Une allumeuse
De réverbères,
L’entremetteuse
De la lumière,
La chaleureuse
De nos hivers.
C’est une berceuse
Sans avoir l’air,
La délicieuse
Sur toutes les lèvres,
C’est l’embaumeuse
Des âmes austères,
Pierre précieuse
Pour l’atmosphère.
C’est une berceuse
Imaginaire,
Miraculeuse
De savoir-faire,
Douce berceuse,
Voyageuse
Au-delà des mers,
Ensorceleuse
De vos chaumières.
Une veilleuse
Contre la guerre,
La balayeuse
De la colère,
La cajoleuse
De l’univers,
C’est ma berceuse
A toute la Terre.
Les papas, avec leurs grandes mains,
Ce sont de sacrés empotés
Chaque fois qu’il s’agit de changer
Les minuscules vêtements de bébé.
Avec leurs doigts plus longs que nature,
Ils n’ font pas toujours bonne figure
Quand se termine l’heure du bain
Ou que la couche a débordé.
Alors bien sûr, bien sûr, c’est trop attendrissant...
Moi quand j’vois ça, j’ fonds complètement,
Parce qu’ils font de tout leur mieux,
Nous on adore avoir besoin d’eux.
Et le trois mois ou le six mois
C’est la même chose ou à peu près,
C’est donc moi qui pinaille, ma foi,
On dirait que j’ le fais exprès.
Oui la beauté c’est secondaire
Du moment qu’ trésor n’ait pas froid,
Moi j’exagère encore une fois,
Le but c’est qu’il sorte bien couvert...
Ah mais bien sûr, bien sûr, ils sont attendrissants...
Quand j’entends ça, j’ fonds complètement,
Parce qu’ils font de tout leur mieux,
Nous on adore avoir besoin d’eux.
Comme par hasard ils n’entendent rien
Et impossible d’ les réveiller,
Quand y a le p’tit qui crie la faim
Ils dorment encore à poings fermés.
Et pour qu’on n’ trouble pas leur nuit
Ils s’ mettent la tête sous l’oreiller,
Pendant qu’ l’estomac s’égosille
Ces messieurs se mettent à ronfler.
Alors bien sûr, bien sûr, c’est trop attendrissant...
Moi quand j’vois ça, je fonds complètement,
Parce qu’ils font de tout leur mieux,
Et on adore avoir besoin d’eux.
Dites-moi pourquoi ces cabochons
Ne savent jamais comment doser
Les cuillerées dans le biberon
Ou les quantités de purée.
Et on a beau leur répéter,
Le lendemain faut r’commencer;
Alors on s’ contente déjà
Qu’ils n’oublient surtout pas ... le repas !
Faut quand-même pas la ram’ner trop,
C’est bientôt eux qui f’ront les beaux.
Demain promis on entendra
Que le plus fort c’est son papa.
Et quand ma fille f’ra son oedipe
Du piédestal j’ casserai ma pipe.
Faut quand-même pas la ram’ner trop
Ou la vengeance se mangera chaud !
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Le Livre-CD "Si la naissance m’étant chantée", paroles et musiques de Sandrine Amaly, est un recueil de chansons pour la naissance qui s'adresse aux parents lancés dans l’aventure de la naissance, des bébés et enfants qui peut être offert comme cadeau lors d’une grossesse ou d'une maternité, à une future maman ou un futur papa.